Avec sa campagne actuelle, l’UBS cherche à inspirer un sentiment que nul ne peut acheter : la confiance. Les groupes cibles sont probablement les PME, les commerçants et les clients privés dont la fortune est si peu importante que le banquier typique de la Bahnhofstrasse ne se laisserait pas déranger pour si peu.
Mais voilà ! Nous apercevons des images de vedettes: Ursula Andress, Claude Nobs, Denise Biellmann, Zoé Jenny, Le Corbusier, Russi, etc. Et nous lisons le message: « Nous n’aurons pas de répit tant que vous n’aurez pas réussi. » Ah bon ? Nous n’en demandions pas autant. De fait, la plupart des travailleurs ne deviendront jamais des vedettes, tant il est vrai que leur activité professionnelle ne leur en laissera pas le temps.
Suite aux protestations des milieux juifs, Le Corbusier a entre-temps disparu des publicités. L’antisémitisme du Corbusier était aussi grand que son architecture était novatrice. A vrai dire, on pourrait supprimer tout le sport publicitaire car il ne contribue en rien à la culture occidentale.
Au lieu de subventionner des agences publicitaires très chères, il suffirait que les chefs zurichois permettent à leurs directeurs de succursales à travers le pays de soutenir les entreprises et de conserver des postes de travail, comme le font les banques régionales ou cantonales, au lieu de leur réduire les limites de crédits. Mais cela signifierait que la maximisation du profit soit repensée, qu’une culture d’entreprise fondée sur la confiance soit mise en place et que l’on cesse de penser que seuls les bénéfices à court terme ont un intérêt. Cela supposerait qu’au moins un membre de la direction se pose la question dans un moment fortuit de réflexion, par exemple en jouant au golf, de savoir si quelque chose a raté au cours de ces dernières années et dans quelles circonstances. Cela impliquerait aussi qu’il évite de faire des promesses peu crédibles ou de proférer des menaces du genre: « Nous n’aurons pas de répit. » Mais franchement le calme serait le bienvenu ! Il serait suffisant que l’UBS soit plus calme mais aussi plus sérieuse au lieu de mettre en scène sa gloire qui ne repose que sur des fonds empruntés.
La bande sonore qui accompagne les images: un air de « Gianni Schicchi » de Puccini. Le héros principal de cet opéra falsifie des testaments pour s’enrichir – voilà en plus un joli lapsus freudien de la part des stylistes en marketing.
Il y a peu de temps l’UBS était presque en faillite.
Or, si on prend au sérieux ce spot publicitaire on constate qu’elle est sérieusement en train de s’abêtir.
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